Clé de voûte de ce plan ambitieux : l’Empowerment Programme, et plus spécifiquement le sous-comité qui planche sur le chômage des femmes. Cette cellule a été dotée de Rs 50 millions.

« L’objectif est de créer 20 000 emplois féminins dans les deux prochaines années. Soit sous la forme de micro-entreprises, soit par le biais de coopérative », précise Aline Wong, qui co-préside ledit comité.

Des emplois pour qui ? « Nous ciblons en priorité les 35 000 licenciées de la zone franche et du secteur sucrier », poursuit Aline Wong. « Ces femmes appartiennent à la tranche des 45-55 ans. Elles s’enracinent dans le chômage et la précarité. Nous voulons les remettre en selle. On ne peut pas continuer à gaspiller les talents féminins. »Deuxième chantier : la formation.

Et là, nouveau paradigme : les professions n’ont plus de sexe. « Les femmes doivent avoir accès aux métiers de plombier, d’électricien, de carreleur […] », a souligné Rama Sithanen.

C’est dans cette optique qu’un millier de femmes suivra une formation dans les métiers du bâtiment, en manque de main-d’œuvre. Les entreprises du secteur et l’Industrial and Vocational Training Board (IVTB) apporteront leur concours.

Former des femmes à des « métiers d’hommes », le pari n’est pas gagné d’avance. Un verrou culturel doit sauter. Pour le directeur de l’IVTB, Robert Dubois, « une campagne de communication s’impose. Nous allons sur un plan d’action avec les ONG ». Rama Sithanen, lui, compte sur les employeurs pour « mettre fin aux préjugés ».

Troisième axe du retour à l’emploi des femmes : l’entrepreneuriat. Le gouvernement s’est engagé à soutenir et encourager les initiatives individuelles. Son credo : faciliter la transformation d’une idée en emploi viable. Une série de mesures en ce sens a été annoncée. Notamment l’octroi d’une aide financière et technique aux deux Business Incubators de Triolet et de Phœnix.

Enfin, les demandeuses d’emploi seront aiguillées vers les secteurs porteurs. Elles bénéficieront notamment de « places réservées dans les villages touristiques ».

Dans ces « nids » à touristes et autour des villas IRS, le gouvernement voit aussi un créneau à exploiter.

 

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