“Le budget 2006-07 a été en lui-même inflationniste avec l’abolition des subsides sur le riz et la farine. Une grande partie de la population consomme toujours le riz ration. Les mesures budgétaires et la dévaluation orchestrée de la roupie ont abouti à un taux d’inflation à double chiffre”, s’insurge Vishnu Lutchmeenaraidoo, le responsable de la commission économique du MMM. Il commentait la situation économique, en particulier la compensation salariale et la dette publique, lors d’un point de presse hier à Port-Louis.
Le MMM est très critique vis-à-vis du National Pay Council (NPC) et la décision de lier la compensation salariale à des critères autres que le taux d’inflation. Il y a d’autres instances, qui, estime-t-il, sont habilitées à traiter le rapport entre la productivité et l’efficience et les rémunérations des salariés.
“Il faut une compensation intégrale de 10,5 % au minimum pour maintenir la paix sociale. (…) Les pauvres n’arrivent pas à joindre les deux bouts alors que les gens de la classe moyenne doivent puiser dans leurs réserves afin de continuer à vivre convenablement.” Le porte-parole économique du MMM ajoute que le NPC amplifiera le sentiment d’injustice en remettant en cause le lien entre la compensation salariale et la perte du pouvoir d’achat des consommateurs. “Le MMM insiste pour le rétablissement des tripartites et l’abolition du NPC.”
Il a désigné la politique de taux de change comme un des principaux facteurs de la hausse du coût de la vie. Vishnu Lutchmeenaraidoo a tiré à boulets rouges sur la “dévaluation orchestrée” de la monnaie locale, alors que, dit-il, la Banque centrale dispose des réserves confortables en devises. La roupie avait cédé du terrain durant la deuxième moitié de 2006 en raison d’une pénurie de liquidités sur le marché des changes. Cette dépréciation a provoqué une augmentation généralisée du prix des produits importés et qui, avance-t-il, a beaucoup rongé les bourses des salariés.
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