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QUESTIONS À NITA DEERPALSING, DÉPUTÉE TRAVAILLISTE
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L' Express
 
By L' Express
Published on May 27, 2007
 
“Le gouvernement doit mieux contrôler la vente des IRS”
 
La vice-présidente de la commission pour la démocratisation de l’économie exprime ses réserves sur la vente de villas aux étrangers. Elle souhaiterait l’institution d’un “monitoring body”.
 
 ● Catovair vient d’annoncer la suspension de ses vols sur Rodrigues et blâme, en quelque sorte, le gouvernement pour ses difficultés financières. Est-ce une illustration de la démocratisation de l’économie prônée par l’Alliance sociale ?

Malaise entre le secteur privé et le gouvernement

Pas du tout. Cela n’a rien à voir avec la démocratisation. Catovair, c’est l’histoire de toute entreprise. Il y a eu une initiative, IBL s’est lancée dans un créneau avec certaines suppositions. Tout businessman dans le monde entier prend des risques calculés. Le risk management fait partie de la décision de commencer un business ou pas. Si IBL trouve aujourd’hui qu’elle ne peut plus soutenir cette entreprise, c’est dans la nature des choses que cette entreprise ferme.

● Il faut dire que le gouvernement n’a rien fait pour arranger les choses…

Mais dans quel pays au monde est-ce qu’un gouvernement doit aider les entreprises ? C’est tout le paradoxe de ces gens qui crient à l’interventionnisme par rapport à la démocratisation de l’économie mais qui disent aujourd’hui que le gouvernement doit aider une entreprise. Dans une économie libérale, le gouvernement ne peut encadrer une entreprise. Nous ne sommes plus dans cette logique. Nous allons vers la compétition globale et pour survivre, il faut qu’une entreprise soit globalement compétitive ! La stratégie d’une compagnie ne peut pas dépendre du gouvernement du jour. Si les gens croient cela, c’est très grave.

● Mais la perception est que le gouvernement fait tout pour que des compagnies comme Rogers et IBL se trouvent en difficulté…

Tout est relatif. Cette perception dont vous parlez est en relation avec ce qui se passait auparavant. La question n’est pas que le gouvernement veut tuer les compagnies locales : la vraie question est que le gouvernement d’aujourd’hui est en train de prendre du recul par rapport à l’ancien gouvernement qui, lui, aidait sélectivement certaines compagnies. Ce gouvernement est en train de laisser le champ du business aux businessmen. Je trouve cela très sain.

● Vous ne pouvez pas nier que les récents événements, dont la fermeture de Desbro, les 2 000 arpents de l’industrie sucrière et maintenant IBL, créent une atmosphère malsaine…

Pas du tout. L’industrie sucrière est particulière parce qu’elle ne sera jamais globalement compétitive sans le partenariat public. Il ne faut pas faire un amalgame. Dans son programme électoral, l’Alliance sociale dit qu’elle veut “a strong, dynamic and vibrant private sector”. Cela veut dire un secteur privé avec une stratégie, qui peut prendre des risques sans que le gouvernement en soit la nourrice.

Cela a été le cas durant la période post-indépendance et c’était normal parce que c’était le modèle économique que le pays avait choisi. Mais les choses ont changé. C’est la mentalité des businessmen mauriciens. Ce que moi j’appelle les rentiers, qui refusent de changer. Ils veulent toujours tout accaparer et pensent qu’ils ont des droits acquis mais il n’y a pas de droits acquis.


“Hier, il suffisait
au secteur privé
de commander
pour avoir ce
qu’il voulait.
Aujourd’hui,
il ne peut plus
exiger.”


● Y a-t-il un malaise entre le secteur privé et le gouvernement ?

C’est un malaise fictif. Le secteur privé dit que le gouvernement envoie des signaux confus et qu’il n’y a pas de communication entre lui et le gouvernement. C’est justement la preuve de ce que je dis. Ce sont des businessmen qui attendent des signaux du gouvernement. Et ils ne le devraient pas. Est-ce qu’en Angleterre, les hommes d’affaires attendent un signal de Tony Blair ? Est-ce qu’ils font cela en Inde, en Allemagne ? C’est du n’importe quoi.

● La politique du gouvernement serait donc pertinente selon vous ?

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