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ALCOOLISME AU FÉMININ Étoile d'Espérance
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Le Mauricien
 
By Le Mauricien
Published on May 3, 2007
 

Une promesse d'aide de Rs 300 000 jamais honorée

La responsable de l'unique centre destiné à la réhabilitation des femmes alcooliques - un problème qui prend de l'ampleur dans le pays -, Véronique d'Unienville, est amère. Le bilan est certes positif sur le plan du travail réalisé par le centre depuis qu'Étoile d'Espérance s'est installé à Moka, il y a un an. Mais la responsable déplore l'absence de soutien de la part de l'État, relativement à une aide " promise " par la ministre de la Femme, Indira Seebun, et regrette " l'hypocrisie qui entoure toujours le problème de l'alcoolisme au féminin dans notre société. "

 


Hypocrisie

En avril 2006, Étoile d'Espérance quittait ses locaux de la frileuse Curepipe pour s'installer dans le cadre aéré et en pleine nature de Moka. Une année s'est écoulée. " En matière de capacité d'accueil pour les patientes en traitement résidentiel, explique Mme D'Unienville, nous avons pu doubler le chiffre. " Le centre compte actuellement 15 patientes en résidentiel et peut accueillir " entre 20 à 25 patientes qui viennent quotidiennement se faire traiter ; qui sont au centre du matin jusqu'au soir, mais qui ne restent pas ici. " Le nouveau cadre offre d'une part un espace à l'abri des regards, ce qui est idéal pour la discrétion et la confidentialité des patientes, et de l'autre, " un endroit où on se sent libre. Il y a de l'espace, physiquement. La nature tout autour nous aide énormément dans les thérapies pour aider les patientes à s'épanouir et s'affirmer. " Hélas, cependant, le local dont dispose actuellement Étoile d'Espérance ne sera pas son quartier général à vie. " Nous sommes l'unique ONG à ne pas bénéficier de don de la part d'associations socioculturelles ou religieuses ", précise notre interlocutrice. De plus, " l'État ne prônant pas une politique de capital investment, nous n'en sommes que davantage pénalisés. C'est un énorme handicap ! "

A cela viennent s'ajouter d'autres problèmes. D'ordre financier, d'abord. Début 2006, la ministre de la Femme, Indira Seebun, exprime son intérêt pour le travail d'Étoile d'Espérance. " Bien que nous nous occupions de la réhabilitation des femmes victimes de l'alcool, nous sommes placés sous la responsabilité de la Natresa et donc, du ministère de la Sécurité sociale. Nous ne bénéficions malheureusement d'aucune affiliation avec le ministère de la Femme ". Le 8 mars 2006, Mme Seebun marque la Journée Internationale de la Femme par une visite au centre Étoile d'Espérance, et annonce sa décision de " faire don d'une enveloppe d'aide de Rs 300 000 " à l'ONG, en vue de travaux d'agrandissements. Quelques semaines plus tard, lors d'une rencontre avec le ministre des Finances, Rama Sithanen, dans le cadre des consultations prébudgétaires, les représentants d'Étoile d'Espérance, profitant de la présence de Mme Seebun à cette réunion, sollicitent des détails sur l'aide promise. " Mme Seebun nous a alors confirmé qu'elle honorait toujours sa parole ".

Les semaines passent, puis les mois. Le budget est présenté et l'annonce est faite que les subventions données aux ONG par le secteur privé ne seront plus déductibles de la taxe. La nouvelle tombe comme un coup de massue pour les ONG qui comptent essentiellement sur ces aides pour financer leurs projets et activités. " La majorité des donateurs se sont immédiatement retirés, confirme notre interlocutrice. Nous saluons le courage de ceux qui sont restés et qui bravent ce problème. Ils continuent à nous faire confiance et nous parvenons à exister grâce à eux. "

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