La manifestation organisée en novembre 1998 par des Mauriciens d’origine tamoule peut être classée dans ce registre. Elle faisait suite à la décision de la Banque de Maurice de modifier l’ordre des inscriptions en langues orientales, en vigueur jusqu’ici sur les billets de banque. Le libellé en langue tamoule, qui jusqu’alors avait figuré en deuxième position, juste derrière l’inscription en anglais, avait été relégué à la troisième position.

Ce changement a ainsi provoqué la colère de la communauté tamoule, qui a estimé qu’il s’agissait d’« une injustice et d’un manque d’égard » envers elle. Lors d’une manifestation organisée devant la Banque de Maurice, certains esprits é-chauffés, rapporte l’express du 14 no-vembre 1998, « se sont mis à reproduire des rites religieux, certains brisant des noix de coco devant l’immeuble, d’autres lançant en direction des policiers de faction des citrons coupés en quatre ». Ce mouvement avait finalement porté ses fruits et les billets en question avaient été retirés de la circulation.

En juin 2005, un incident était survenu lors d’une exposition organisée par l’école des beaux-arts du Mahatma Gandhi Institute (MGI), dans le cadre de la 24e édition du Salon de Mai.

Vers 10 heures, six véhicules font leur entrée dans l’enceinte de l’institution et se garent sur l’aire de stationnement. Une quarantaine d’individus en descend. Ces derniers se dirigent alors vers le fond de la salle où est exposé un tableau de l’artiste Rikesh Boodhun, intitulé Maa. Ils le décrochent. Ces personnes estimaient que ce tableau est indécent, choquant et insultant à l’égard de leurs croyances religieuses. La direction du MGI a alors dû retirer le tableau de la salle d’exposition.

Bien qu’elle n’ait pas été marquée par un quelconque acte de violence, la manifestation du 25 février 2006 se situe dans la mouvance de ces nombreux citoyens mauriciens qui estiment qu’il faut mettre beaucoup d’accent sur leur identité culturelle et/ou religieuse.

 

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