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Kenneth Kaunda : "L'Afrique doit prendre avantage de l'ouverture de Maurice"
- By Le Matinal
- Published December 26, 2006
- Editorial and Opinion , Interview
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Le Matinal
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Comme vous le savez, il y a en Zambie une nouvelle équipe au pouvoir avec à sa tête le président Levy Mwanasawa. Celui-ci fait de son mieux pour redresser le pays après le passage de Frederick Chiluba. Il s'est engagé dans une entreprise de reconstruction du pays qui est confronté à d'énormes défis tant économiques que sociaux.
Estimez-vous que la nouvelle équipe sera en mesure de remettre la Zambie sur la voie de la croissance ?
Si le président continue sur la voie déjà tracée, il réussira sans doute à faire de la Zambie un modèle de réussite économique. Mais il aura à s'attaquer à des problèmes internes qui rongent la société. Je pense notamment aux conflits tribaux. Il faudra impérativement mettre fin à ces conflits. Ce que je considère comme une condition sine qua non pour réussir le décollage économique de la Zambie
La Chine s'est engagée à jeter les bases d'un nouveau partenariat économique avec l'Afrique. Croyez-vous dans cette nouvelle coopération ?
Je crois sincèrement et profondément dans la coopération Sud-Sud. Il n'y pas que la Chine. Ce nouveau partenariat peut se faire également avec l'Inde. Je pense que l'Inde et la Chine sont les deux nouvelles puissances économiques mondiales qui peuvent assister l'Afrique dans son décollage économique. Ces deux pays offrent en plus l'exemple de bon 'leadership' et de bonne gouvernance.
Ces deux puissances peuvent prendre avantage des opportunités d'affaires en Afrique ?
Certainement. Je pense qu'il y a énormément de possibilités de partenariats d'affaires dans un certain nombre de secteurs. Je pense à l'agro-industrie, à l'exploitation minière et au développement des produits pétroliers. Des pays comme le Soudan et le Nigeria offrent d'excellentes perspectives dans ces créneaux d'activités.
Vous avez connu le Père de la nation, feu Sir Seewoosagur Ramgoolam. Votre visite à Maurice vous a permis de rencontrer son fils, Navin Ramgoolam, qui est au pouvoir depuis juillet 2005. Quelle est votre appréciation de ces deux hommes ?
Le Dr. Navin Ramgoolam est certainement le digne successeur de son père que j'ai personnellement connu et qui a été un grand ami de l'Afrique. S'il suit les traces de son père, il rendra un grand service à Maurice mais aussi à l'ensemble du continent africain. Comme son papa l'a été d'ailleurs.
Maurice s'ouvre aux investissements étrangers pour financer la restructuration de son économie. Comment voyez-vous cette nouvelle stratégie ?
C'est très prometteur. Mais je constate que beaucoup de pays font actuellement face aux défis de la mondialisation. La stratégie est certes audacieuse mais Maurice n'a pas de choix. Cette ouverture offrira à Maurice d'énormes possibilités d'investissement venant des pays développés et ceux en voie de développement. L'Afrique peut certainement prendre avantage de cette ouverture et s'engager dans des projets d'investissement.
Quelle évaluation faites-vous de la coopération économique et commerciale entre Maurice et la Zambie ?

