Aussitôt une étudiante ciblée, la première étape est de se lier d’amitié avec elle. Les garçons demandent à un de leurs amis, qui connaît en général la fille, de faire les présentations. Ils se servent ainsi de leurs amis pour procéder au «recrutement» en vue d’agrandir leur cercle.
Tout a commencé avec la diffusion sur téléphone portable d’un premier clip : The Show 1. Ce clip à caractère porno-graphique a été réalisé par des élèves de Lower Six l’année dernière et a commencé à circuler en public depuis à peu près un mois. Les ébats sexuels d’une collégienne avec quatre garçons sont filmés à l’aide d’une caméra de téléphone portable.
Très vite, l’affaire devait prendre une dimension nationale. L’arrestation des «acteurs» du premier clip ne tarda pas. Quelques semaines plus tard, les enquêteurs devaient découvrir que d’autres clips sont en circulation, entre autres, The Show 2 qui montre une jeune fille qui aurait été filmée à son insu.
La présence de filles dans le groupe aide à mettre d’autres collégiennes en confiance et les attirer. Par exemple, si une fille ciblée suit des cours particuliers avec une élève qui fait partie du groupe, il revient à cette dernière de convaincre la collégienne de devenir amie aux garçons. C’est ainsi que commencent les rencontres.
Au début, la collégienne est invitée à prendre un rafraîchissement entre amis. Histoire de la mettre en confiance. Ensuite, comme les autres, elle développe un sens d’appartenance au groupe.
D’autre part, il existe aussi d’autres stratégies. Les filles approchent des collégiennes de leur établissement et essaient de les convaincre d’intégrer le groupe, en faisant les présentations.
Comment passer aux choses sérieuses ? Il nous revient que l’un des «acteurs» est reconnu pour ses provocations et sa persévérance. Il peut passer des heures à convaincre une fille. Viennent ensuite les expressions comme «to enn gopia, enn baya. Zame to pu oze fer sa» jusqu’à ce qu’elle accepte de se prêter au jeu.
Par ailleurs, «l’actrice» de The Show 2, filmée à son insu, a été identifiée par la police et reçue par l’Ombudsperson for children en début de semaine. La jeune fille n’a toutefois pas été interrogée par la police car elle n’était pas en état de consigner une déposition. Elle est encore perturbée par la diffusion des images de The Show 2, une caméra cachée l’a piégée alors qu’elle avait des relations sexuelles avec un des «acteurs», qui a également participé à The Show 1. Elle est également mineure.
Comme une secte
Les «acteurs des clips pornos» agissent comme dans une secte. Ils se seront créé une identité et développé un sens d’appartenance. Tout a été mis en place pour adopter une nouvelle culture avec des pratiques bien à eux. L’affaire des clips pornos est en fait bien organisée, selon les mêmes sources.
Il nous revient que bon nombre d’adhérents à ce cercle fermé porte des tatouages identiques. Dans The Show 1, on entend, par ailleurs, l’un des acteurs qui dit à la collégienne : «To pann trouv nu tatuaz, to pann truov nu tatuaz.» Le piercing sur la langue fait également partie des accessoires dont ils se servent pour créer leur identité. De par des témoignages recueillis, les adeptes, filles comme garçons, ont un sens aigu de solidarité. Le but est de constamment protéger les membres et ne pas révéler leurs activités «internes», peu importe les circonstances. Ils se sont même juré fidélité.
C’est pour cette raison que bon nombre de filles sont très en colère contre la collégienne de The Show 1. Notamment parce qu’elle a consigné une déposition à la police contre les «acteurs».
Mais le sentiment actuel du groupe est qu’un des membres a décidé de les trahir en choisissant de diffuser les clips et de révéler les secrets de la bande. Il est considéré comme un «traître» qui a décidé de prendre ses distances. Mais à l’heure actuelle, nul ne connaît son identité.
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