Les temps sont durs pour les anciens partenaires. Mais le secrétaire-général du parti orange joue à l’apaisement. Les relations «historiques» entre son parti et les mauves ont toujours été faites de moments tantôt idylliques, tantôt tumultueuses.
Q. Qu’en est-il des relations entre le MSM et le MMM ?
R. Les relations se situent à trois niveaux. D’abord, au niveau des militants où il y a toujours eu une dynamique pour travailler ensemble. Ensuite, au niveau des dirigeants, dont le groupe parlementaire et le leadership. Sur ce deuxième aspect, je ne ferai pas de commentaires car Pravind Jugnauth a bien situé ses rapports avec Paul Bérenger. Au niveau du groupe parlementaire, nous avons toujours dit que le poste de leader de l’opposition n’a jamais été remis en cause. C’est bien que Paul Bérenger ait décidé de ne pas démissionner; nous allons continuer à travailler ensemble autant que possible.
Q. Votre leader, Pravind Jugnauth, s’est dit très déçu par l’attitude de Paul Bérenger. Cela veut-il dire qu’aucune éventuelle alliance ne peut se faire entre le MMM et le MSM à l’avenir ?
R. Je pense que cela dépendra beaucoup de la façon dont les choses vont évoluer au niveau de la base militante, du groupe parlementaire et du leadership. L’avenir nous le dira. Il ne faut pas oublier que, malgré tout, il y a quelque chose qui nous unit : Navin Ramgoolam est un mauvais Premier ministre et son gouvernement mène le pays à la dérive. L’objectif commun du MSM et du MMM, c’est de faire en sorte que le PTr et ses alliés ne restent pas au pouvoir encore longtemps. Les relations historiques entre nos deux partis datent de 1983 et elles ont été parsemées de grands moments, de grandes victoires, de grandes réalisations, de défaites et de crises. Les deux partis sont toujours capables de faire de grandes choses ensemble.
Q. Peut-on s’attendre à un apaisement entre les deux partis ?
R. On peut dire qu’il y a déjà une accalmie même s’il y a encore des divergences à régler entre les deux partis.
Q. Pourquoi le MSM veut-il faire cavalier seul le 1er Mai ?
R. Après les municipales, nous avons parlé de renforcement de l’électorat. C’était le vœu du leader de l’opposition que le MSM et le MMM fassent un meeting commun le 1er Mai. En proposant que Pravind Jugnauth intervienne en dernier lors de ce meeting, nous voulions envoyer un signal fort par rapport au poste de Premier ministre. Finalement, nous ne sommes pas tombés d’accord sur ce point et le MSM a décidé de célébrer la fête du Travail seul. De toutes façons, la question d’être sur la même plateforme reste secondaire, la priorité étant de mobiliser la population contre le gouvernement.
Q. Sur la question du 1er Mai, les deux leaders donnent des versions contradictoires et s’accusent mutuellement de dire des faussetés. Qu’en est-il ?
R. Je m’en tiens strictement à ce qu’a dit mon leader à ce sujet. C’est-à-dire que nous avons proposé que Pravind Jugnauth soit présenté comme le Premier ministre de l’alternance et que Paul Bérenger a proposé Ashok Jugnauth à ce poste.
Q. Pensez-vous que Pravind Jugnauth pourrait être plébiscité par le peuple s’il est présenté comme Premier ministre en 2010 ?
R. C’est définitivement le Premier ministre de l’alternance. Le MSM représente l’avenir et, quand on voit l’échiquier politique, le seul challenger qui a fait ses preuves comme ministre de l’Agriculture, des Finances et comme leader est Pravind Jugnauth. D’ailleurs, le temps joue en sa faveur. Nous allons mettre tout en œuvre pour créer une dynamique magique pour gagner les prochaines législatives. Je suis persuadé que nous y parviendrons.
Q. Justement, le MSM poursuit son exercice de reconquête de son électorat. Quel est le bilan de l’opération ?
R. Le response est très bon. C’est comme si un ressort s’était cassé dans le mécanisme du gouvernement. Jusqu’au mois de décembre, tout semblait marcher à merveille pour l’Alliance sociale et puis il y a eu un déclic en raison de la dégradation à tous les niveau. Le mot magique ‘changement’ a perdu son côté mobilisateur. La population se rend compte que le changement est pour le pire.
Q. Est-ce que c’est l’électorat du PTr que le MSM veut reconquérir ?
R. Nous voulons conquérir un électorat qui était avec nous mais qui a voté pour le changement lors des dernières législatives. Cet électorat revient vers nous maintenant qu’il s’est rendu compte qu’il a été leurré par l’alliance gouvernementale. Mais il y a d’autres personnes déçues par le gouvernement qui n’hésitent pas à se tourner vers nous.
Q. Est-ce réaliste alors que le MSM semble avoir perdu l’aura qu’il avait sous SAJ ?
R. Après la passation des pouvoirs en 2003, le MSM était toujours - selon les sondages - le premier parti sur l’échiquier politique. Malheureusement, il y a eu une série d’événements, constitués essentiellement en une campagne raciste, misérabiliste, qui ont porté atteinte à la capacité du MSM à mobiliser son électorat. Mais maintenant les gens se rendent compte que nous avons toujours représenté le sérieux, le parler vrai, l’honnêteté.
Q. Paul Bérenger représente-t-il un boulet dans cette reconquête de l’électorat orange ?
R. Pas du tout. D’ailleurs, ni Paul Bérenger ni le MMM n’ont été les thèmes de nos discours depuis notre séparation. Après les municipales, il fallait que les deux partis aillent chacun de son côté pour se concentrer sur la reconquête de son électorat, en allant vers sa base. Cela ne veut pas dire que l’un ou l’autre était un boulet pour son partenaire.
Q. Le MSM pourrait-il envisager d’aller à ces élections générales seul ? Autrement, quelles sont les options d’alliance possibles pour 2010 ?
R. L’avenir dira si nous irons seuls en 2010 et, au cas contraire, avec quels partenaires éventuels. En tout cas, ce ne sera pas avec le PTr.
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