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Financements innovants du développement
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Le Mauricien
 
By Le Mauricien
Published on March 5, 2006
 

Sithanen : " Maurice pour une taxe sur les billets d'avion "

Le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, a annoncé, hier, que Maurice soutient totalement l'initiative française consistant à mettre en oeuvre une taxe sur les billets d'avion dans le but de financer notamment la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose dans les pays pauvres. Cette proposition française a été faite lors de la conférence de Paris sur les financements innovants du développement qui a réuni les représentants d'une centaine de pays, dont Maurice, durant deux jours. M. Sithanen n'a toutefois pas précisé le montant de cette taxe qui selon lui " sera une contribution mineure pour une grande cause ". Tout laisse croire toutefois qu'elle ne dépassera pas Rs 50.

La France et le Brésil sont à l'origine du projet de création d'un mécanisme de contribution de solidarité internationale sur les billets d'avion. Le Chili, Chypre, le Congo, la Côte d'Ivoire, la Jordanie, le Luxembourg, Madagascar, l'île Maurice, le Nicaragua et la Norvège ont annoncé leur intention de mettre en œuvre cette taxe dans des délais rapides.


78,5 milliards de dollars en 2004
Un treizième pays, le Royaume-Uni, qui impose déjà une taxe sur les billets d'avion, versera une partie de ces recettes au programme de Facilité financière internationale dans le domaine de la vaccination.
 
 Quant à la France, une taxe allant de un à 40 euros entrera en vigueur au 1er juillet pour les passagers embarquant en France.
 
 L'Inde, la Belgique et l'Allemagne ont pour leur part adhéré, avec 35 autres Etats, à un groupe pilote chargé de faciliter l'accès des pays pauvres aux médicaments. Ces trois pays ont cependant refusé de s'engager dans la mise en place d'une taxe déjà très contestée par l'industrie de l'aviation.
 
 L'Association internationale du transport aérien (IATA), qui représente 265 compagnies aériennes, a réclamé mercredi " l'abandon immédiat " du projet, estimant qu'" augmenter le coût du transport aérien revient à mordre la main qui nourrit le développement ".
 
 Cette taxe, qui doit notamment servir à financer la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, est déjà en vigueur au Chili.
 
 Des organisations non gouvernementales ont plaidé au cours de la conférence en faveur de la création d'une taxe de ce type sur les transactions financières internationales (1,5 trillion de dollars par jour). Mais elles se sont heurtées à l'hostilité de représentants du Fonds monétaire international (FMI) et de la Commission européenne.
 
 D'autres ONG, comme l'organisation britannique Stamp out Poverty, ont souligné la nécessité de lutter contre la fuite des capitaux qui atteint, selon elles, chaque année " 500 milliards de dollars " dans les pays en développement, soit beaucoup plus que l'aide publique au développement (78,5 milliards de dollars en 2004).
 
 Enfin, les participants ont souligné la nécessité d'encourager et de faciliter les transferts de fonds des migrants, qui représentent quelque 125 milliards de dollars par an, pour aider au développement.
 
 Le ministre Rama Sithanen a longuement parlé ce cette conférence lors d'un point de presse hier. Il a fait ressortir que les fonds récoltés dans le cadre des financements innovants au développement ne sera nullement un substitut à l'aide au développement. Ils viendront s'y ajouter
 
 A l'instar de l'IATA, Air Mauritius a été une des premières organisations à s'élever contre la taxe sur les billets d'avion. Interrogé à ce sujet, M. Sithanen a affirmé que c'est un malentendu. " Tout le monde a compris aujourd'hui que ce ne sera qu'une infime contribution pour une grande cause ", a-t-il insisté.
 
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