Certains élus ruraux semblent nous suggérer qu'ils ne se sentent pas capables de faire face à leur électorat pour lui demander de reconduire Paul Bérenger au pouvoir. Mais, plutôt que de le dire explicitement, c'est à Pravind Jugnauth qu'on présente la facture pour les éventuels pots cassés. Certes, le leader du MSM est encore jeune et, si tant est qu'il doive avoir un destin national de premier plan, il peut encore s'allier à la durée, un partenaire sans doute moins disponible pour les autres candidats actuels au poste de Premier ministre. Mais Pravind Jugnauth mérite-t-il vraiment les accusations qui lui sont lancées par les démissionnaires de son parti ?

 

Il ne faut pas se faire trop d'illusions quant à ce que MM. Baichoo, Chumroo et, éventuellement, Jhurry sont susceptibles d'avoir entendu de la base et que Pravind Jugnauth est accusé de ne pas écouter. Cette base réclame-t-elle un Freedom of Information Act, un Equal Opportunity Act, plus de méritocratie, un accès juste et équitable à l'éducation, une démocratie participative réelle, un combat plus convaincant contre la corruption, la transparence dans l'attribution des patentes de taxis, des loisirs plus accessibles ou l'Internet à haut débit dans leurs quartiers ? S'il en était ainsi, ce ne serait, sans doute, pas outrancièrement difficile de leur promettre que ces demandes seront intégrées dans le prochain programme de gouvernement de l'Alliance MSM-MMM. Mais la base politique d'Anil Baichoo et de ses amis est-elle vraiment fédérée par des idées de progrès, des propositions pour l'amélioration du bien commun, des requêtes pour l'approfondissement de la vie démocratique ? Ce qui est reproché à Pravind Jugnauth n'est-il pas plutôt - la désignation, comme bad kids on the block, de Soodhun et Lesjongard n'étant pas neutre - sa réserve quant à un durcissement du profil ethnique du MSM ?

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